lundi 25 septembre 2017

Bonnes paroles

Parfois, je répands la bonne parole, et je défends benoîtement le pape et la Sainte Église.
(Pour lire les commentaires auxquels je réponds dans leur intégralité vous devrez visiter cet article de René Poujol.)

L'article de René Poujol nous livre ses impressions sur le livre d'entretiens du pape avec le chercheur Dominique Wolton.

Un commentateur se dit désorienté par le pape actuel et annonce son refus de lire un livre qui aurait toutes les chances d'accroître son malaise. Il ajoute :

« Pour moi François est un très saint homme sans aucun doute, mais cette qualité est-elle suffisante pour être pape ? »

À quoi je réponds :
Largement suffisante, non ? Comme il le dit lui-même, le pape n’engage pas son infaillibilité pontificale à chaque fois qu’il ouvre la bouche, alors… Rassérénez-vous. Tout ce que dit le pape n’est pas parole d’évangile mais ça ne peut manquer d’être intéressant.
D’autre part, c’est un pape jésuite, un homme qui n’a pas accoutumé de soupeser le moindre de ses propos.
L’Église a connu des papes à la conduite et au discours bien plus erratiques que le pape actuel (si tant est que le qualificatif « erratique » soit exact pour décrire le flou, l’équivoque de certaines de ses déclarations).
Le commentateur dit regretter le manque de prudence apparent de sa Sainteté :
Cette apparente insouciance est peut-être le signe d’une grande foi/confiance… Si vous croyez, la sainteté devrait être une condition amplement suffisante pour mener la barque de pierre. Dieu pourvoira au reste. À moins que « un très saint homme » ne soit qu’une manière pour vous de dire que c’est un brave homme, mais… 
Pour être un saint il ne suffit pas d’être pétri de bonnes intentions, encore faut-il que ces bonnes intentions soient ordonnées au bien. Un saint ne saurait être un inconscient. 
Jusque-là, même les fondamentalistes les plus pointilleux n’ont pas trouvé de motif de rupture. Seulement des raisons de s’inquiéter, mais cette inquiétude n’est-elle pas une bonne chose ?

samedi 26 août 2017

Les politiques ne sont pas des anges 2

Commentaire posté aujourd'hui au-dessous d'un article de M. Tandonnet intitulé

Qu’est-ce qu’un homme d’Etat?

L’homme d’État procède du monde des réalités, mais en même temps c’est un idéaliste, si je comprends bien. Plus qu’un héros, notion encore trop sujette à fantasmes, votre homme d’État me semble être un saint, quelqu’un qui pratique la charité à un haut niveau.

On se fait de fausses idées sur la sainteté. Quand les petites affaires de Fillon ont éclaté au grand jour, j’ai lu des absurdités, comme « je ne crois pas qu’un saint ferait un bon homme d’État ». Un saint, c’est tout bonnement quelqu’un qui fait de son mieux (avec la grâce de Dieu bien entendu). Ce n’est pas quelqu’un coupé du monde des réalités, au contraire.

Allez jusqu’au bout de votre pensée, vous serez vite persuadé de l’applicabilité de l’enseignement de l’Église en matière politique et vous nous proposerez en exemple des hommes et des femmes choisis dans la galerie des saints ayant exercé le pouvoir politique avec efficacité, c’est-à-dire avec bon sens et charité.



vendredi 21 juillet 2017

Trollage au nom de la cause

Parfois, je fais de la retape bénévolement pour la famille de France  ressassant les mêmes idées qui ne perdent rien à être développées.



Commentaire posté le 19 mai dernier au-dessous d'un article de M. Tandonnet intitulé 
La tragique absurdité du régime politique français

Seule une monarchie parlementaire permettrait de canaliser cet « instinct primitif » dont vous parlez. Si le monarque n’est pas un chef de meute, un chef de clan, et s’inscrit dans une succession héréditaire, il devient le dépositaire de l’autorité. Le culte qui lui est rendu n’est pas un culte à sa personne, il honore sa fonction et, à travers elle, le pays lui-même. Au lieu de déchaîner les passions malsaines en entretenant l’illusion qu’il est l’homme providentiel, le sauveur, le monarque héréditaire peut se concentrer sur sa mission essentielle qui est de servir, car il doit lui-même sa position à un hasard providentiel.

La monarchie parlementaire constitue donc un progrès par rapport au régime hyperprésidentiel que vous décrivez.



Commentaire posté aujourd'hui sous un article de M. Tandonnet intitulé
Une affaire d’homme ou de système?

Au risque de me répéter, le système le mieux à même d’encadrer et de canaliser cet instinct d’adulation, c’est la monarchie héréditaire. La personne du roi n’est pas un deus ex machina surgi d’une élection, il s’inscrit dans une lignée qui le dépasse et le transcende. Son amour pour le pays n’est pas douteux ni frelaté, car il a été élevé dans l’idée qu’il l’incarnerait, qu’il l’incarnait déjà. De plus, étant lié génétiquement à l’histoire et à la formation du pays, les hommages qui lui sont rendus sont des hommages rendus à la nation, qui dépassent sa petite personne.

Encore une fois, la monarchie héréditaire est l’antidote à ce régime hyperprésidentiel dégénéré.




jeudi 15 juin 2017

Guaino raccroche son tablier

Guaino quitte la vie politique en utilisant des éléments de rhétorique du camp qu'il était censé combattre et en faisant, d'une certaine manière, allégeance à la pensée unique. En décrivant l'électorat dont il a sollicité les suffrages comme « à vomir », Guaino va même un peu plus loin que le discours dominant qui se contentait de décrire ce milieu putride comme nauséabond. Amalgamant pour faire bonne mesure les « bobos », classe sociale aux contours imprécis, il ajoute dans ce peu ragoûtant mélange les catholiques pratiquants, coupables de pharisaïsme. Le fumet qui se dégage de cette tambouille électorale est devenu insupportable à Henri Guaino, qui raccroche son tablier.

NKM a déclaré que Guaino était le « symptôme d'une vieille droite qui se délite. » Attention, M. Guaino, vous êtes en état de putréfaction avancé, ça va finir par sentir !

jeudi 8 juin 2017

Les politiques ne sont pas des anges

J'ai lu cet article sur Causeur qui m'a fait tiquer. Alors j'ai rédigé ce commentaire :


À chaque fois que je lis ce lieu commun (confer le titre de l'article), je tique. L'histoire ne manque pas de saints ayant exercé efficacement le pouvoir. Un saint, ce n'est pas un mystique évaporé. Il y a des saints pour tous les goûts, à tous les échelons de la hiérarchie sociale.

Comme je l'ai écrit ailleurs (permettez-moi de me citer) : Les saints sont des êtres humains avec leurs qualités (dont l'aptitude à gouverner, à savoir trancher, peut faire partie) et leurs défauts (peut-être une propension à l'autorité), confrontés à la réalité dans sa complexité et dans sa crudité.
Une certaine exemplarité morale et l'aptitude à gouverner ne sont absolument pas incompatibles. Quelle drôle d'idée reçue !
Être un saint, ce n'est pas avoir été « moralement infaillible », ni « moralement impeccable », mais avoir fait de son mieux à un moment de sa vie et jusqu'à la fin, ce qui vous vaut une promotion.
Quand vous dites que « les gens moralement bien intentionnés qui aident de façon bénévole les clandestins pour des raisons humanitaires sont moralement impeccables », je ne vous suis pas non plus. Vous savez comme moi que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Un acte n'est pas « moralement impeccable » parce qu'il part d'un bon sentiment. Je ne suis pas casuiste, et vous non plus, mais quand même, un peu de rigueur !
Mais où avez-vous lu ou entendu que les saints seraient « des êtres humains qui n’ont même pas besoin de résister à la tentation » ? L'intérêt des vies de saints réside précisément dans leur combat contre la tentation où les emporte leur nature humaine.
Les saints sont des êtres humains. Mais peut-être voulez-vous dire que les élus ne sont pas des anges ? Là, nous sommes d'accord. Les élus ne sont pas des purs esprits.


jeudi 11 mai 2017

Pourquoi je n'ai pas voté (pour Marine Le Pen) dimanche dernier

Quelques semaines avant le premier tour de cette élection capitale pour le pays, puisqu'elle avait pour but de choisir le chef de l'État, j'ai eu la présence d'esprit d'appeler la mairie de mon ancienne commune de résidence pour vérifier si, contrairement à ce que je croyais, j'étais toujours inscrit sur les listes électorales. La réponse positive que je reçus me procura une grande joie. J'allais pouvoir participer à ce grand rendez-vous démocratique, j'allais être partie prenante. Immédiatement je me suis mis en devoir de trouver un mandataire. Comme je ne connaissais personne de confiance qui soit inscrit dans la même commune (aussi étonnant que cela puisse paraître), je me suis adressé au parti du candidat qui avait mes faveurs, qui s'est fait un plaisir de me fournir les coordonnées d'une militante qui serait ma mandataire. Quelques mots échangés au téléphone − un rapport de complicité s'était établi entre nous du fait de notre choix commun, et je sautais dans un train dans le but exprès de me rendre au consulat général de France à Bruxelles faire valider ma procuration.

Voilà jusqu'où j'ai poussé le zèle civique.

Le jour du premier tour, ma mandataire m'a envoyé un mail en début d'après-midi pour m'informer qu'elle s'était acquittée de sa mission. Je lui ai répondu que dans l'hypothèse invraisemblable où [notre candidat] atteindrait le second tour, je lui renouvellerais ma procuration.

Les résultats sont tombés, et on s'est retrouvé avec le duo infernal qui nous était promis depuis le début. La semaine suivante, après quelques débats intérieurs (la délibération a été très brève), j'ai appelé le consulat général de France pour demander jusqu'à quand je pouvais établir ma procuration sans courir le risque qu'elle ne soit pas traitée. Il ne me restait que le lendemain vendredi. Si je me déplaçais le mardi suivant, mon interlocuteur ne répondait de rien. Sans tergiverser je me suis emparé de mon téléphone et j'ai composé le numéro de la section locale du Front National. (...) 
Lâchement, j'ai laissé passer le vendredi. L'annonce du ralliement de Dupont-Aignan se faisait attendre.
Et puis le soutien de Marie-France Garaud* m'a confirmé dans mon choix. Je n'étais pas tellement ébranlé par la rhétorique anti-fasciste** qui se déployait.

Finalement, dans ma douche le mardi matin, j'ai décidé que me rendre à Bruxelles exprès (sans être sûr que ma demande aboutisse) constituait une démarche militante qui ne correspondait pas à mon état d'esprit.





* Il y a des années, étudiant en échange dans une université étrangère je m'étais inscrit dans un cours d'introduction aux sciences politiques. L'examen final consistait à écrire trois billets de blog sur des sujets politiques et j'en avais consacré un à Marie-France Garaud.
** Il y a dix ans Lionel Jospin qualifiait déjà de « théâtre » les manifestations « anti-fascistes » qui eurent lieu du temps où Jean-Marie Le Pen était à la tête du Front National.

dimanche 30 avril 2017

Les descendants de déportés apprécieront



L'exploitation éhontée du sort des victimes de la barbarie nazie à laquelle se livre Emmanuel Macron est irrespectueuse (et insultante) pour ces dernières. Marine Le Pen, plus discrète, s'est contentée de déposer une gerbe devant une stèle à Marseille. Les descendants de déportés apprécieront la différence (à sa juste valeur).

(Bien sûr, on me rétorquera que la discrétion du geste de Marine Le Pen n'est pas commandée par la seule pudeur. Il s'agit de politique, mais chez Macron la tentative de récupération est trop apparente et dépasse les bornes de la décence.)