vendredi 21 juillet 2017

Trollage au nom de la cause


Parfois, je fais de la retape bénévolement pour la famille de France  ressassant les mêmes idées qui ne perdent rien à être développées.



Commentaire posté le 19 mai dernier au-dessous d'un article de M. Tandonnet intitulé 
La tragique absurdité du régime politique français

Seule une monarchie parlementaire permettrait de canaliser cet « instinct primitif » dont vous parlez. Si le monarque n’est pas un chef de meute, un chef de clan, et s’inscrit dans une succession héréditaire, il devient le dépositaire de l’autorité. Le culte qui lui est rendu n’est pas un culte à sa personne, il honore sa fonction et, à travers elle, le pays lui-même. Au lieu de déchaîner les passions malsaines en entretenant l’illusion qu’il est l’homme providentiel, le sauveur, le monarque héréditaire peut se concentrer sur sa mission essentielle qui est de servir, car il doit lui-même sa position à un hasard providentiel.

La monarchie parlementaire constitue donc un progrès par rapport au régime hyperprésidentiel que vous décrivez.



Commentaire posté aujourd'hui sous un article de M. Tandonnet intitulé
Une affaire d’homme ou de système?

Au risque de me répéter, le système le mieux à même d’encadrer et de canaliser cet instinct d’adulation, c’est la monarchie héréditaire. La personne du roi n’est pas un deus ex machina surgi d’une élection, il s’inscrit dans une lignée qui le dépasse et le transcende. Son amour pour le pays n’est pas douteux ni frelaté, car il a été élevé dans l’idée qu’il l’incarnerait, qu’il l’incarnait déjà. De plus, étant lié génétiquement à l’histoire et à la formation du pays, les hommages qui lui sont rendus sont des hommages rendus à la nation, qui dépassent sa petite personne.

Encore une fois, la monarchie héréditaire est l’antidote à ce régime hyperprésidentiel dégénéré.




jeudi 15 juin 2017

Guaino raccroche son tablier

Guaino quitte la vie politique en utilisant des éléments de rhétorique du camp qu'il était censé combattre et en faisant, d'une certaine manière, allégeance à la pensée unique. En décrivant l'électorat dont il a sollicité les suffrages comme « à vomir », Guaino va même un peu plus loin que le discours dominant qui se contentait de décrire ce milieu putride comme nauséabond. Amalgamant pour faire bonne mesure les « bobos », classe sociale aux contours imprécis, il ajoute dans ce peu ragoûtant mélange les catholiques pratiquants, coupables de pharisaïsme. Le fumet qui se dégage de cette tambouille électorale est devenu insupportable à Henri Guaino, qui raccroche son tablier.

NKM a déclaré que Guaino était le « symptôme d'une vieille droite qui se délite. » Attention, M. Guaino, vous êtes en état de putréfaction avancé, ça va finir par sentir !

jeudi 8 juin 2017

Les politiques ne sont pas des anges

J'ai lu cet article sur Causeur qui m'a fait tiquer. Alors j'ai rédigé ce commentaire :


À chaque fois que je lis ce lieu commun (confer le titre de l'article), je tique. L'histoire ne manque pas de saints ayant exercé efficacement le pouvoir. Un saint, ce n'est pas un mystique évaporé. Il y a des saints pour tous les goûts, à tous les échelons de la hiérarchie sociale.

Comme je l'ai écrit ailleurs (permettez-moi de me citer) : Les saints sont des êtres humains avec leurs qualités (dont l'aptitude à gouverner, à savoir trancher, peut faire partie) et leurs défauts (peut-être une propension à l'autorité), confrontés à la réalité dans sa complexité et dans sa crudité.
Une certaine exemplarité morale et l'aptitude à gouverner ne sont absolument pas incompatibles. Quelle drôle d'idée reçue !
Être un saint, ce n'est pas avoir été « moralement infaillible », ni « moralement impeccable », mais avoir fait de son mieux à un moment de sa vie et jusqu'à la fin, ce qui vous vaut une promotion.
Quand vous dites que « les gens moralement bien intentionnés qui aident de façon bénévole les clandestins pour des raisons humanitaires sont moralement impeccables », je ne vous suis pas non plus. Vous savez comme moi que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Un acte n'est pas « moralement impeccable » parce qu'il part d'un bon sentiment. Je ne suis pas casuiste, et vous non plus, mais quand même, un peu de rigueur !
Mais où avez-vous lu ou entendu que les saints seraient « des êtres humains qui n’ont même pas besoin de résister à la tentation » ? L'intérêt des vies de saints réside précisément dans leur combat contre la tentation où les emporte leur nature humaine.
Les saints sont des êtres humains. Mais peut-être voulez-vous dire que les élus ne sont pas des anges ? Là, nous sommes d'accord. Les élus ne sont pas des purs esprits.


jeudi 11 mai 2017

Pourquoi je n'ai pas voté (pour Marine Le Pen) dimanche dernier

Quelques semaines avant le premier tour de cette élection capitale pour le pays, puisqu'elle avait pour but de choisir le chef de l'État, j'ai eu la présence d'esprit d'appeler la mairie de mon ancienne commune de résidence pour vérifier si, contrairement à ce que je croyais, j'étais toujours inscrit sur les listes électorales. La réponse positive que je reçus me procura une grande joie. J'allais pouvoir participer à ce grand rendez-vous démocratique, j'allais être partie prenante. Immédiatement je me suis mis en devoir de trouver un mandataire. Comme je ne connaissais personne de confiance qui soit inscrit dans la même commune (aussi étonnant que cela puisse paraître), je me suis adressé au parti du candidat qui avait mes faveurs, qui s'est fait un plaisir de me fournir les coordonnées d'une militante qui serait ma mandataire. Quelques mots échangés au téléphone − un rapport de complicité s'était établi entre nous du fait de notre choix commun, et je sautais dans un train dans le but exprès de me rendre au consulat général de France à Bruxelles faire valider ma procuration.

Voilà jusqu'où j'ai poussé le zèle civique.

Le jour du premier tour, ma mandataire m'a envoyé un mail en début d'après-midi pour m'informer qu'elle s'était acquittée de sa mission. Je lui ai répondu que dans l'hypothèse invraisemblable où [notre candidat] atteindrait le second tour, je lui renouvellerais ma procuration.

Les résultats sont tombés, et on s'est retrouvé avec le duo infernal qui nous était promis depuis le début. La semaine suivante, après quelques débats intérieurs (la délibération a été très brève), j'ai appelé le consulat général de France pour demander jusqu'à quand je pouvais établir ma procuration sans courir le risque qu'elle ne soit pas traitée. Il ne me restait que le lendemain vendredi. Si je me déplaçais le mardi suivant, mon interlocuteur ne répondait de rien. Sans tergiverser je me suis emparé de mon téléphone et j'ai composé le numéro de la section locale du Front National. (...) 
Lâchement, j'ai laissé passer le vendredi. L'annonce du ralliement de Dupont-Aignan se faisait attendre.
Et puis le soutien de Marie-France Garaud* m'a confirmé dans mon choix. Je n'étais pas tellement ébranlé par la rhétorique anti-fasciste** qui se déployait.

Finalement, dans ma douche le mardi matin, j'ai décidé que me rendre à Bruxelles exprès (sans être sûr que ma demande aboutisse) constituait une démarche militante qui ne correspondait pas à mon état d'esprit.





* Il y a des années, étudiant en échange dans une université étrangère je m'étais inscrit dans un cours d'introduction aux sciences politiques. L'examen final consistait à écrire trois billets de blog sur des sujets politiques et j'en avais consacré un à Marie-France Garaud.
** Il y a dix ans Lionel Jospin qualifiait déjà de « théâtre » les manifestations « anti-fascistes » qui eurent lieu du temps où Jean-Marie Le Pen était à la tête du Front National.

dimanche 30 avril 2017

Les descendants de déportés apprécieront



L'exploitation éhontée du sort des victimes de la barbarie nazie à laquelle se livre Emmanuel Macron est irrespectueuse (et insultante) pour ces dernières. Marine Le Pen, plus discrète, s'est contentée de déposer une gerbe devant une stèle à Marseille. Les descendants de déportés apprécieront la différence (à sa juste valeur).

(Bien sûr, on me rétorquera que la discrétion du geste de Marine Le Pen n'est pas commandée par la seule pudeur. Il s'agit de politique, mais chez Macron la tentative de récupération est trop apparente et dépasse les bornes de la décence.)

samedi 29 avril 2017

Blanc bonnet et bonnet blanc ?

Extrait d'un courriel à un correspondant qui m'expliquait pourquoi il ne voterait pas Macron, sans m'éclairer sur les raisons qui le poussaient à préférer voter blanc plutôt que Le Pen :

Je vais néanmoins lire ton argumentaire, car il me permettra de comprendre les raisons qui t'ont fait adhérer tout de suite à la candidature de Fillon et, inexplicablement, repousser d'emblée celle de Macron. Pour moi, comme le pointait justement Patrice de Plunkett dans son blog, Macron, le candidat de la nouvelle bourgeoisie, a remplacé Fillon, candidat de l'ancienne. Il y a une parenté, une filiation, une consanguinité idéologique entre Fillon et Macron. Il n'y a pas de différence sociologique entre les électorats mais une différence de génération : dans les mêmes familles les (grands-)parents ont voté Fillon et les enfants Macron.
Fillon incarnait caricaturalement la droite orléaniste (celle que j'aime le moins) dans ce qu'elle a de plus odieux. Une droite qui n'a rien de conservateur, sauf en ce qui concerne ses intérêts financiers. Contrairement aux droites légitimiste et bonapartiste : une droite qui divise*. J'ajoute une citation de Christophe Guilluy : « Si un vernis culturel et politique permet encore de distinguer nouvelle et ancienne bourgeoisie sur les questions sociétales, elles défendent le même modèle économique. » Ce modèle économique entre en contradiction flagrante avec la Doctrine Sociale de l'Église. (Le vernis de la candidature Fillon n'a pas mis longtemps à se craqueler.)


* Pour dire les choses grossièrement, les droites légitimiste et bonapartiste cherchent à rassembler l'ensemble du peuple français autour d'un idéal, d'une idée de la France (le gaullisme est-il un légitimisme ?)  tandis que l'orléanisme cherche à composer et sert principalement les intérêts d'une classe sociale.


(Bien sûr, je simplifie...)

mercredi 26 avril 2017

La Rotonde et Le Fouquet's

Encore un commentaire inspiré par un article de Maxime Tandonnet :

Macron a célébré sa victoire d'étape à La Rotonde, pas La « Retonde ». Lapsus révélateur ?
Mais La Rotonde, c'est plus branché, ça fait moins bling-bling, paraît-il, que le Fouquet's, moins nouveau riche... La vérité c'est que Sarkozy n'était pas aussi bien agréé par le « système » que Macron, qui est sa créature. Il avait des manières moins policées, il avait un peu plus de caractère (même s'il était également versatile).