mercredi 26 avril 2017

La Rotonde et Le Fouquet's

Encore un commentaire inspiré par un article de Maxime Tandonnet :

Macron a célébré sa victoire d'étape à La Rotonde, pas La « Retonde ». Lapsus révélateur ?
Mais La Rotonde, c'est plus branché, ça fait moins bling-bling, paraît-il, que le Fouquet's, moins nouveau riche... La vérité c'est que Sarkozy n'était pas aussi bien agréé par le « système » que Macron, qui est sa créature. Il avait des manières moins policées, il avait un peu plus de caractère (même s'il était également versatile).

dimanche 16 avril 2017

Comparaisons fallacieuses

Au long de la campagne on n'a pas su quoi inventer pour défendre la candidature de M. Fillon.
On a voulu réhabiliter son cas par des comparaisons fallacieuses. Fillon a été comparé à Mazarin (comme si son bilan soutenait la comparaison avec celui du grand commis) par J.-P. Brighelli, à de Gaulle... Ainsi Paul-Marie Coûteaux écrit dans un tweet :
« De Gaulle a été condamné à mort par la Justice française, il fut cependant porté au pouvoir par la suite, et la France s'en porta bien. »
Oui mais de Gaulle a été condamné à mort pour avoir osé braver un pouvoir illégitime, c'est là un de ses titres de gloire. Fillon a été mis en examen dans une série d'affaires peu reluisantes. En d'autres termes, de Gaulle a encouru la peine de mort pour s'être rebellé ; Fillon est mis en examen pour avoir profité du système. Aucun rapport.
Les affaires dans lesquelles Fillon est impliqué sont de bien médiocres affaires, à la hauteur de son passage à Matignon. Je vous laisse deviner la différence avec Mazarin, Talleyrand, et autres...

vendredi 31 mars 2017

« Ne nous induis pas en tentation... »

Comme ce collègue blogueur, je suis gêné par l'expression  « ne nous laisse pas entrer en tentation », formule officiellement choisie pour remplacer le (maintenant) traditionnel « ne nous soumets pas à la tentation » de la patenôtre.
On entre en religion (par extension, en politique), pas en tentation !
Pourquoi ne pas dire « ne nous induis pas en tentation »* ? On induit bien en erreur, pourquoi pas en tentation ? La formule aurait l'avantage d'être plus proche de l'expression latine. Le seul prétexte allégué est que « le sens du verbe "induire" n’est plus suffisamment "courant" pour être d’un usage clair ». Mais à l'usage, répétée par des millions de bouches francophones, l'expression deviendrait courante, justement. Et je ne comprends pas les gens qui sacrifient la pureté de la langue à une clarté douteuse.

Ces reformulations multiples ne trahissent-elles pas un trouble inconscient autour de l'idée même de tentation et celle de péché ?



* On trouve cette expression chez Huysmans, je crois.

mercredi 29 mars 2017

Le Prince charmant

Revoici un commentaire ajouté au bas d'un récent article de M.Tandonnet, que j'ai légèrement étoffé :

En toute objectivité, comme beaucoup de journalistes se plaisent à le répéter, le programme de Nicolas Dupont-Aignan ne diffère pas tellement de celui de Marine Le Pen.
Quant à cette dernière... Il me semble qu'elle souffre d'un défaut congénital, pour certains, d'une tache originelle pour d'autres. Enfantée par un monstre, elle a été élevée dans l'antre de la bête.
Quelles raisons les membres « historiques » du Front National, presque tous évincés, à commencer par le président-fondateur, auraient-ils de prétendre que le parti a été renouvelé de fond en comble ?

Pour ce qui est de François Asselineau, il est tout aussi extrémiste (toujours de votre point de vue), mais beaucoup moins populiste, il me semble, car il pousse la logique, et la démonstration jusqu'au bout. Son programme (et son style) rencontrent un écho beaucoup plus important dans les classes moyennes éduquées que dans les classes populaires. Je ne peux pas dire que je sois insensible au panache de ce petit homme replet.
Il a peut-être un physique qui ne paie pas de mine, comme Herman Van Rompuy, et Nigel Farage aussi*, il faut bien le reconnaître, mais comme son discours est séduisant ! Pour l'instant c'est mon nouveau prince charmant.




* Je fais référence à l'altercation de M. Farage avec Herman Van Rompuy dans l'arène du Parlement européen, en 2010, où le premier s'en prenait à l'apparence physique du second.

vendredi 17 mars 2017

Vote utile, vote futile ?

Dans un monde idéal, tout le monde aurait des convictions et voterait selon ses convictions.Tout le monde voterait utile, c'est-à-dire selon son cœur et selon sa raison. Mais il faut croire que certaines personnes sont trop incertaines de leurs convictions et ont besoin d'indications pour se déterminer.

Que l'on sacralise le droit de vote ou qu'on le considère, comme moi, comme un acte purement gratuit, accompli pour la beauté du geste, le « vote utile » semble une infamie.

Voter utile, c'est pécher contre l'esprit. C'est une faute morale et une erreur stratégique.

Le vote utile nous entraîne dans une spirale infernale (on sait que l'enfer est pavé de bonnes intentions), un cercle vicieux, et de compromission en compromission, de reniement en reniement, on n'aboutit qu'à retarder l'échéance fatale.

Je suis tombé sur cette citation dans un article : « Si tu n’agis pas comme tu penses, tu finiras par penser comme tu agis. » C'est l'évidence même. Pascal et d'autres le disaient, agir d'une certaine façon incline à penser de même. Et on finit par s'accommoder de tout, par vivre dans un monde aux contours imprécis et se laisser engloutir par lui.

Vous voulez voter pour Dupont-Aignan, et on vous le présente comme un « petit candidat » qui n'aurait aucune chance ? Il ne vous est jamais venu à l'idée que cela pourrait être pour de mauvaises raisons ? Vous ne vous sentez pas l'âme d'un justicier et vous ne chercherez pas à corriger cette situation ? Libre à vous. L'homme a été fait libre, et la liberté est sa plus grande arme.

samedi 4 mars 2017

Réflexion passagère

Quand j'y pense, un politicien de carrière, n'ayant jamais exercé d'autres fonctions que celle d'élu de la nation, de représentant du peuple, me semble une aberration. Représentant du peuple à quel titre ? Celui d'avoir gagné les élections ? Il faut d'abord gagner (chèrement) ses galons dans ce qu'on appelle communément le monde du travail, avant de prétendre à un mandat électif, et se présenter la gueule enfarinée devant les électeurs.

L'élection est-elle une légitimation ou ne vient-elle simplement que confirmer la légitimité que le candidat s'est acquise par ailleurs ?

vendredi 3 mars 2017

Le choix des Français

Les Français en ont assez de l'alternance, ce retour de balancier aussi immuable que décevant. J'ai l'impression que leur désir de changement ne reculera devant rien. Le spectacle lamentable qu'offrent la gauche et la droite de gouvernement depuis le début de la campagne n'a fait que confirmer ce choix, qui s'exprime de moins en moins timidement, avec de moins en moins de précautions oratoires.

Le vote pour Marine Le Pen n'est plus un acte impulsif, dicté par la colère aveugle. Il apparaît de plus en plus comme un risque calculé, de même qu'une entreprise au bord de la faillite joue le tout pour le tout dans une opération hasardeuse mais vitale.

Ce risque est d'autant plus soigneusement calculé, pesé, que l'élection de Marine Le Pen à la présidence de la République est présentée comme une réelle possibilité. Les électeurs ont été mis en garde répétitivement et ont eu le loisir de songer aux implications d'un tel geste.